Une histoire incroyable s’est déroulée en Floride cette semaine.  Une personne ayant commis un délit de fuite a été arrêtée après un coup de fil des plus anodins au 911.  L’arrestation a eu lieu après que la présumée coupable ait percuté un camion et plusieurs autres véhicules.  

Les secours reçoivent un appel au secours provenant d’un véhicule

Le système de sécurité automatique de la voiture d’une américaine a tout simplement envoyé sa propriétaire en prison.  Celle-ci était entrée en collision avec un camion avant d’emboutir d’autres voitures et de finir par prendre la fuite.  Mais sa voiture avait déjà contacté les secours et transmis la marque de la voiture ainsi que l’identité de sa propriétaire.  L’arrestation de la conductrice pour délit de fuite a ensuite été un jeu d’enfant pour les policiers, rapporte ABC News.

Une voiture “connectée”

Pourquoi la voiture est-elle entrée en contact avec la police ? Il faut savoir que certaines voitures “hyper-connectées” sont équipées d’un système d’appel automatique en cas de collision.  Il s’active en cas de choc violent déclenchant les airbags, et dont il est raisonnable de penser qu’il a infligé de sévères dommages au véhicule et/ou au conducteur.  Afin de secourir le conducteur et les passagers qui pourraient être blessés, l’automobile transmet l’heure et le lieu de l’incident.  Par la suite, la police a pris le relais et appelé la conductrice directement dans l’habitacle.  La conductrice a alors nié en bloc avoir commis un délit.  Cet appel a été enregistré, vous pouvez le réécoutez en regardant cette vidéo.

Pourrait-on voir débarquer ce système en Europe ?

Un tel système d’appel automatique, plus connu sous le nom de “eCall”, sera rendu obligatoire en Europe à compter de l’été 2018.  Le Parlement européen a effectivement adopté un projet de loi relatif à la sécurité routière fin avril 2015.  Les véhicules neufs à partir d’avril 2018 devront donc être équipés de ce service, qui s’activera en cas d’accident grave détecté par les capteurs des airbags.

Et notre vie privée, dans tout ça ? 

Les opposants à ce projet sont nombreux, et nous partageons leurs doutes.  La crainte principale concerne les abus en matière de confidentialité et le risque d’aboutir à une surveillance de masse.  Si la commission tente de nous rassurer, en arguant que ce système ne s’activera qu’en cas de collision, et ne sera en aucun cas un outil de surveillance, nous n’en sommes cependant pas convaincus.

En effet, les données sensibles que collecteront les “chips” branchés dans les voitures, en intéresseront plus d’un.  Les assurances, la police ou les services secrets pourraient bien vite réclamer l’accès à ces précieuses informations.  Il est certes beaucoup plus pratique de localiser un véhicule à distance grâce à cette puce électronique, que de demander l’autorisation à un juge de placer un micro dans une auto suspecte.

Ce ne sont certainement pas les nouvelles réformes des lois sur le renseignement en Europe qui vont pouvoir nous rassurer  Le climat de terreur ambiant favorise déjà ce genre de mesures intrusives en matière de Vie Privée.

La question à se poser aujourd’hui est celle-ci : sommes-nous d’accord d’instaurer un système légal de “mouchards embarqués” ?

Article rédigé par Eléonore Paelinck, Head of Legal lesJuristes Bruxelles.