Dans leur stratégie d’innovation, les entreprises investissent dans la recherche et le développement, pour ensuite protéger leurs créations par le droit des brevets. Pourtant certaines d’entre elles ont décidé, par soucis de protection de la planète, de se priver d’un monopole sur leurs innovations et ainsi d’encourager leurs concurrents à les imiter. Dans un contexte où la protection de l’environnement est devenue une priorité pour tous, on ne peut qu’encourager de telles initiatives.

Ces dernières années, de grandpen-idea-bulb-papers groupes ont décidé par exemple de réduire le volume de divers produits de distribution tels que des lessives liquides diluées ou des déodorants. Un déodorant “compressé” – nom que l’on donne à ce nouveau format – aura une taille deux fois moins importante qu’un modèle standard.

Cette innovation présente des avantages majeurs car tout en conservant la même quantité d’anti-transpirants à l’intérieur de l’aérosol, celui-ci sera tout autant efficace que des formats standards. En commercialisant ces nouveaux produits, la société Unilever réduit de 25% la quantité d’aluminium nécessaire à la création de l’aérosol et de 50% la quantité de gaz propulseur à l’intérieur. Soulignons également que ce nouvel emballage de taille réduite, mais contenant la même quantité de produit, pourra être transporté en plus grande quantité et ainsi permettre de réduire les émissions de CO2 dans son acheminement dans les  divers points de vente.

Un brevet est-il possible sur les déodorants compressés ?

Un brevet porte sur un produit ou un procédé, et diverses conditions sont nécessaires pour pouvoir protéger son invention. En plus d’être une solution technique à un problème technique, elle doit être susceptible d’application industrielle, être nouvelle et consister en une activité inventive.

L’aérosol en question consiste en la compression de gaz contenu dans le déodorant grâce à un équilibre trouvé au niveau de la valve afin garantir sa quantité et son efficacité. On ne change donc ni la formule, ni les proportions d’actifs anti-transpirants présents à l’intérieur.

Pourquoi décider de ne pas breveter ?

Les entreprises consacrent un budget important à la recherche et au développement pour créer de nouveaux produits et procédés. Mais, pour cette innovation Unilever refuse de détenir un monopole. Cet engagement rentre dans une stratégie marketing à l’instar de différentes mentions « green » ou recyclables apposées sur les produits. Cela s’inscrit dans la continuité des objectifs de protection de l’environnement affichés par le groupe qui souhaite diminuer son empreinte écologique de moitié d’ici 2020.

Dès lors, il sera impossible pour Unilever d’agir en contrefaçon contre qui que ce soit. Le message est donc clair : malgré les investissements réalisés pour parvenir à la création de ce déodorant compressé, la société encourage ses concurrents à adopter cette technique.

Quels résultats pour l’écologie ?

Sur son site, le groupe affirme que depuis le lancement des déodorants compressés en 2014, il a économisé 3950 tonnes de CO2. Il précise à titre de comparatif que cela correspond à une voiture faisant 722 fois le tour de la terre. 248 tonnes d’aluminium ont également été économisées, ce qui correspond ici à la quantité nécessaire pour produire 131 780 vélos !