Souvenez-vous: en 2005, le compositeur italo-belge Salvatore Acquaviva gagnait son procès pour plagiat contre Madonna. Le juge des référé et le tribunal de première instance montois estimaient en effet que les quatre premières mesures chantées du morceau “Frozen” n’étaient qu’une pâle copie de “Ma vie fout l’camp”, un titre composé par l’artiste mouscronnois en 1979 et dont Madonna aurait pu prendre connaissance lors d’un voyage à Mouscron alors qu’elle était danseuse. A la suite de ce jugement, le hit de la star américaine s’était dès lors vu interdit de vente et de diffusion sur le territoire belge.

La Madone a interjeté appel de cette décision, mais l’affaire a trainé car entre temps, une nouvelle procédure pour plagiat s’est vue introduite par un tiers devant le tribunal de grande instance de Paris. Le compositeur français Edouard Scotto Di Suoccio revendiquait l’originalité et l’antériorité d’une de ses compositions, “Bloodnight” (1983), par rapport à “Ma vie fout l’camp” (1993) et “Frozen” (1998), et remettait donc en cause les titres de Madonna et d’Acquaviva. La Cour d’appel de Mons a considéré que l’assignation des parties en France constituait un “fait nouveau capital”, et a donc décidé de suspendre la procédure pendante devant elle en l’attente d’une appréciation par le tribunal de grande instance de Paris de l’originalité et de l’antériorité de “Ma vie fout l’camp”. Logique, cette question se trouvant au fondement même de l’appel porté devant elle.

Après huit longues années d’attente, le procès s’est enfin réouvert en décembre dernier, et ce lundi matin, la Cour d’appel de Mons a décidé de débouter Salvatore Acquaviva. Selon la juridiction d’appel, la célèbre popstar n’a pas plagié le compositeur mouscronnois pour son titre “Frozen”. Pour justifier sa décision, la Cour d’appel de Mons s’est fondée sur la notion d’originalité. Elle a reconnu qu’il existait des similitudes entre les deux créations, mais a constaté que la série de notes litigieuse était également perceptible dans de nombreux morceaux antérieurs à celui de Salvatore Acquaviva et était donc dépourvue de toute originalité. Pour parvenir à cette conclusion, la juridiction montoise s’est sans surprise fondée sur le jugement rendu l’an dernier par le tribunal de grande instance de Paris, qui avait débouté le plaignant en considérant que la mélodie litigieuse était couramment utilisée depuis des siècles par de nombreux musiciens et n’était en conséquence susceptible d’aucune appropriation.

Depuis hier, “Frozen” peut donc refaire son grand retour aussi bien sur les ondes radio que dans les bacs, ce qui devrait en ravir plus d’un!